lundi 11 décembre 2017

La fonte des glaces

La fonte des glaces
Joël Baqué
P.O.L, 2017



Quatrième de couverture (chez POL, on n'en sait jamais beaucoup de toute façon)
"Un homme traverse une brocante.
Il se laisse tenter.
On emballe son achat dans de vieux journaux.
Les choses s'enchaînent.
Il devient une icône de la cause écologique."

On aurait pu choisir:
Louis, retraité de la charcuterie, veuf sans enfants, légèrement dépressif, n'attend plus rien de la vie, jusqu'à tomber face à face avec un animal empaillé. Sa vie va changer.

De toute façon, les premières pages se déroulant sur la banquise, avec un Inuit en Antarctique (mais ça s'explique) on peut parler plus librement.

Drôle de roman, drôle d'histoire (qui démarre lentement, il faut attendre la venue d'Alice pour que les événements s'accélèrent un peu) qui se lit cependant plaisamment, surtout grâce à l'écriture de l'auteur: humour discret mais omniprésent, tournures frôlant souvent le jeu de mots, légers décalages, métaphores (l'adolescence et les aliens par exemple), mises au service d'une belle imagination.

"Déporté en Australie, le manchot empereur  regarderait passer les boomerangs, pas plus troublé que ça, on connaît sa stabilité émotionnelle.  Cohabiter avec le paisible koala lui conviendrait, mais où trouver du poisson  en attendant d'aimer les feuilles d'eucalyptus? Où trouver un courant d'air frais?"

"Il se levait, le soleil, mais sans enthousiasme, étouffé par un brouillard réticent à valider les prévisions météo."

Dossier sur l'auteur dans Le matricule des anges de septembre 2017

Les avis de Sandrine,

vendredi 8 décembre 2017

Ceci n'est pas une ville

Ceci n'est pas une ville
Laure Murat
Flammarion, 2016


Laure Murat n'est pas une petite nouvelle sur ce blog, j'avais repéré le titre, et voilà le challenge Lire sous la contrainte qui me rappelle de le lire!
chez Philippe ou ici

Depuis 10 ans, l'auteur habite à Los Angeles, où elle enseigne. Parfois elle repart en France, mais l'essentiel de sa vie se déroule là-bas. Alors je dois avouer qu'elle m'a vraiment fait changer d'avis sur Los Angeles qui n'est pas ma ville préférée aux Etats Unis. D'abord elle est tombée amoureuse de la ville, et elle sait en parler!

"On emploie souvent le terme postmoderne pour désigner une ville qui s'affranchit des structures urbaines traditionnelles (centre, monuments, hiérarchie, etc.), brouille les catégories binaire (culture élitaire/culture populaire, distinction/vulgarité, etc.) au profit de l'hétéroclite et de l'éclectique. Et à ce terme est souvent attaché celui de déconstruction. Or Los Angeles est la ville de la déconstruction par excellence. Y marcher (ou y rouler, le plus souvent), c'est parcourir un texte qui n'a pas d'explication définitive, univoque et transcendantale, c'est explorer une longue chaîne de signifiants dont le sens n'en finit pas de proliférer. Je vois dans la définition de cette ville un des secrets de son charme bizarre."

Un texte court (moins de 200 pages), qui se dévore, où Laure Murat se révèle convaincante et informative. Ajoutons que cela se lit avec beaucoup de plaisir et qu'à la fin on a l'impression d'avoir vécu dans la ville.

Des portions de son journal sont aussi reproduites. Là j'ai détecté à deux reprises cette fameuse écriture qui fait couler beaucoup d'encre semble-t-il.
p 130 "comme à trois autres historien-ne-s, ..." ou p 164 "faute de candidat-e-s." Alors que p 165 on lit "les étudiants en littérature." Pourquoi là et pas ici? Heureusement je n'ai trouvé que ces deux occurrences.

mercredi 6 décembre 2017

Au pied!

Au pied!
Carole Mijeon
Daphnis et Chloé, 2017


Etudiante en géographie, Mathilde, quoique se nourrissant à bas coût et se logeant dans un sous-sol humide, ne peut vivre de sa bourse et cherche des 'petits boulots'. Elle est engagée (sans contrat!) par Geneviève Arcand, belle, élégante, ayant hérité une grande demeure de son riche mari. Elle découvre avec naïveté un monde différent du sien. Au départ elle doit promener le chien, utiliser l'ordinateur, bref des tâches que sa patronne blessée à la main ne peut accomplir. Petit à petit, ses missions évoluent, jusqu'à carrément seconder Myriam, la femme de ménage officielle.

Mathide se révèle tout de même un peu nunuche et incapable de se rebeller, face aux desiderata de Geneviève qui la fait tourner en bourrique. Ladite Geneviève tourne pas mal au champagne, d'ailleurs...

Léa, la colocataire de Mathilde, est bien différente, elle sort beaucoup, poursuit ses études de psycho en pointillés. Mathilde, elle, ne sort pas, bosse ses cours, se prive de tout ou presque. Les deux jeunes filles, issues de milieux peu argentés, sont en parfait contrepoint de Geneviève Arcand, souvent odieuse.

Cela peut sembler assez caricatural, mais on finit par s'attacher aux deux étudiantes et à leur évolution. Léa par exemple devient de plus en plus 'aimable', et Mathilde de moins en moins 'bien brave', même si sa nature est celle d'une bosseuse honnête et gentille. Je ne vais rien révéler, surtout que la fin peut donner lieu à diverses interprétations, à mon avis.

Des avis chez babélio,

lundi 4 décembre 2017

Une heure de ténèbres

Une heure de ténèbres
Une enquête de Percy Jonas
Hour of Darkness
Michèle Rowe
Albin Michel, 2017 (ce serait sympa que je puisse prendre l'image de la couverture sur le site, non?)
Traduit par Esther Ménévis


Éteindre ses lumières pendant une heure, dans le cadre de "Une heure pour la planète", d'accord, mais dans une résidence ultra sécurisée du Cap, avec gardiens, caméras, serrures, barbelés électrifiés,  mieux vaut ne pas oublier de fermer une porte ou d'enclencher l'alarme. Ce soir là, Annette Petroussis et son bébé Calloum, 8 mois, sont enlevés.
L'inspectrice Persy Jonas est chargée de l'enquête.
Dès le début l'affaire promet de multiples ramifications, parmi les hommes politiques, les affairistes, les petits voyous et les hommes de main du Cap.

Après beaucoup de temps sans lire de polar, j'ai retrouvé avec plaisir le genre. Pas de détails difficiles, pas de faux suspenses. Les informations sont données au fil du récit, qui ne s'endort jamais. Au travers de multiples personnages, liés ou pas, se dévoile l'ambiance de la ville et de l'Afrique du sud, en tout cas c'est ce que j'ai ressenti. Différentes classes sociales, différentes ethnies,différents quartiers. Persy est métisse, son passé la rejoint parfois, on sent que l'on en apprendra plus au fil des tomes (c'est le deuxième) et elle "était souvent confrontée à la dérision ou à la rancœur de collègues qui pensaient qu’elle n'était rien d'autre que la bénéficiaire des quotas de race ou de genre."

Je retrouverais avec plaisir cette enquêtrice! Les enfants du Cap est le premier, le deuxième peut se lire indépendamment.

Note : j'ai bien aimé l'incursion des crapauds et de l'hippopotame dans l'histoire.

vendredi 1 décembre 2017

Afrique australe 5 : oui, c'est la fin!

Jamais je n'aurais pensé à avoir matière avec tant de billets, mais là c'est décidé, j'arrête. Pourtant il ne s'agit pas de rogatons, mais de temps très très forts du voyage, à savoir les dunes de Namibie (le Pilat n'a qu'à se rhabiller, la plus haute fait dans les 350 mètres) et les chutes Victoria.

Les dunes, donc. Une grande première pour moi.
Au coucher du soleil

Au lever du soleil, la dune 45
Puis une balade de 5 km


Traces d'oryx

Hop, on descend!
Le voyage s'est terminé au Zimbabwe, avec les chutes Victoria (sur le fleuve Zambèze). Comme c'est la fin de la saison sèche il n'y a pas beaucoup d'eau (j'ai vu les photos prises par ceux les ayant survolées en hélicoptère), mais quand on se promène le long des chutes c'est franchement impressionnant!
On ne peut voir ces chutes d'en bas (pas comme celles du Niagara), l'eau du fleuve se jetant dans une faille. On longe donc les chutes d'en haut et en face sur environ 1,7 km, la profondeur pouvant dépasser 100 mètres. De multiples points de vue sont offerts, différents et toujours impressionnants.




Normalement il devrait y avoir de l'eau tombant partout, mais c'est encore plus impressionnant de voir ce corridor.
Statue de Livingstone, le premier européen à observer les chutes, en 1855
Vues du ciel (merci wikipedia)

J'ajouterai que la nuit, de notre camping situé à deux trois km, on les entendait très bien. 

Voilà, fin du voyage, que je recommande aux amateurs de grands espaces et de nature.